La trilogie a tourné en faveur de « No Mercy ». Samedi 24 octobre 2026, à l’Etihad Arena d’Abou Dhabi, Petr Yan a conservé sa ceinture des poids coqs face à Merab Dvalishvili, par décision unanime au terme de cinq rounds. Les trois juges lui accordent trois reprises contre deux (48-47). Après avoir subi la pression habituelle du Géorgien, le Russe a renversé le combat grâce à une arme redoutable : les coups au foie.
Petr Yan vs Merab Dvalishvili : Une trilogie au sommet
Peu de rivalités ont autant marqué la catégorie des poids coqs. En mars 2023, Merab Dvalishvili avait dominé Petr Yan aux points, sur cinq rounds, grâce à un volume de lutte étouffant. Le Géorgien avait ensuite conquis la ceinture face à Sean O’Malley en septembre 2024, avant de la défendre contre Umar Nurmagomedov, O’Malley à nouveau, puis Cory Sandhagen.
En décembre 2025, à l’UFC 323, Yan avait pris sa revanche et mis fin à ce règne, en s’imposant lui aussi par décision unanime. Ce troisième chapitre devait donc départager les deux hommes, avec la ceinture en jeu.
À 35 ans, Merab Dvalishvili voulait redevenir champion. « L’âge n’est qu’un chiffre », répétait-il avant le combat. Mais une défaite le condamnait à une situation qu’il n’avait plus connue depuis 2018 : deux revers de suite.
Rounds 1 et 2 : le Merab des grands soirs
Fidèle à sa légende, Dvalishvili démarre le combat comme il les démarre tous : en rouleau compresseur. Le Géorgien avance sans relâche, impose un rythme effréné et enchaîne les tentatives d’amenée au sol. Il fonce dans les jambes, colle Yan contre la cage, revient à la charge encore et encore.
Les deux premières reprises lui reviennent logiquement, grâce à son volume et à son agressivité. Mais un détail compte : malgré cette pression continue, Merab ne met jamais vraiment Yan en danger. Le Russe défend bien, se relève et limite les dégâts. Il encaisse l’orage sans se désunir, en attendant son heure.
Round 3 : le tournant
Au troisième round, le combat se stabilise. Le rythme infernal de Merab baisse légèrement, et Yan commence à trouver ses distances. C’est là qu’il sort l’arme qui va décider de la soirée : les coups au foie.
Coup après coup, Yan cible le flanc du Géorgien. L’effet est immédiat et spectaculaire : Dvalishvili accuse visiblement chaque impact. Pour un combattant dont tout le style repose sur un cardio inépuisable, c’est le pire scénario possible. Chaque coup au corps entame la machine, et le moteur du Géorgien commence à tousser.
Rounds 4 et 5 : Yan prend le pouvoir
Les deux dernières reprises appartiennent à Yan. Touché au corps, Merab ne peut plus imposer son pressing habituel. Le Russe en profite pour dicter le combat avec la précision qui a fait sa réputation : il varie ses attaques, continue de travailler le corps et prend clairement l’ascendant dans les échanges.
Le Géorgien, lui, puise dans ses réserves et refuse de lâcher. Mais l’élan a changé de camp. Au moment de la cloche finale, la décision s’annonce serrée.
Verdict : les trois juges donnent la victoire à Petr Yan, trois rounds à deux. Une décision unanime qui reflète un combat à deux visages.
Yan, le champion qui a su s’adapter
Cette victoire en dit long sur l’intelligence de combat de Petr Yan. Face au lutteur le plus infatigable de la catégorie, il n’a pas cherché à le battre sur son propre terrain. Il a d’abord survécu au déluge, puis il a trouvé la faille : en attaquant le corps, il a attaqué directement le cardio, la plus grande force de Merab.
Avec ce succès, le Russe mène 2-1 dans la trilogie et réussit la première défense de sa ceinture depuis sa reconquête. Il porte son palmarès à 21 victoires pour 5 défaites, et confirme son statut de patron des poids coqs.
Merab, la fin d’une ère ?
Pour Merab Dvalishvili, la soirée est cruelle. Le Géorgien a fait ce qu’il sait faire de mieux pendant deux rounds, mais il a buté sur un adversaire capable de neutraliser sa pression puis de le punir. Il enchaîne deux défaites pour la première fois depuis 2018, et son palmarès passe à 21 victoires pour 6 défaites.
À 35 ans, la question de la suite se pose. Merab reste l’un des combattants les plus respectés de la catégorie : son cardio, sa ténacité et ses victoires sur O’Malley, Aldo ou Cejudo ont marqué l’histoire des poids coqs. Mais une quatrième confrontation avec Yan semble peu probable à court terme. Le Géorgien devra sans doute repasser par un ou deux combats avant de prétendre à nouveau au titre.

