À 38 ans, Alexander Volkanovski refuse de vieillir. Samedi 24 octobre 2026, en tête d’affiche de l’UFC 333 à l’Etihad Arena d’Abou Dhabi, le champion des poids plumes a infligé à Movsar Evloev la première défaite de sa carrière, par TKO au deuxième round. Après avoir neutralisé la lutte du Russe, l’Australien l’a battu sur son propre terrain, en le finissant au sol.
Le défi ultime
Sur le papier, ce combat avait tout du piège. Face à Volkanovski se dressait l’un des profils les plus redoutés de la catégorie : Movsar Evloev, 20 victoires, aucune défaite. Jamais battu en douze ans de carrière, le Russe avait gagné tous ses combats à l’UFC aux points, en étouffant ses adversaires grâce à une lutte implacable. Arnold Allen, Diego Lopes, Aljamain Sterling, puis Lerone Murphy dans un combat éliminatoire pour le titre : tous avaient buté sur le même mur.
En face, Volkanovski abordait la défense de sa ceinture avec une question qui le suit depuis deux ans : l’âge. Après les KO subis contre Islam Makhachev puis Ilia Topuria, beaucoup l’avaient enterré. L’Australien avait répondu en reconquérant le titre face à Diego Lopes en avril 2025, puis en le battant une seconde fois en février 2026, à chaque fois sur cinq rounds.
Mais Evloev, c’était autre chose : un lutteur plus jeune, invaincu, avec un plan de jeu taillé pour user un champion vieillissant. Pour beaucoup, c’était le combat de trop.
Round 1 : le mur australien
Dès le premier round, le scénario attendu se met en place. Evloev fait ce qu’il fait toujours : il avance, cherche le contact et multiplie les tentatives d’amenée au sol, avec l’objectif de plaquer Volkanovski au tapis et d’y installer son contrôle.
Mais le champion est prêt. Hanches basses, appuis solides, contrôle des poignets : Volkanovski repousse les assauts du Russe les uns après les autres. Là où tant d’adversaires avaient fini par céder, l’Australien tient bon. À la fin de la reprise, Evloev n’a pas réussi à imposer son jeu, et un doute s’installe : que lui reste-t-il si la lutte ne fonctionne plus ?
Round 2 : l’arroseur arrosé
La réponse arrive au deuxième round, et elle est cinglante. Volkanovski change de rôle : c’est désormais lui qui prend l’initiative de la lutte. Le champion tente lui-même les amenées au sol face au spécialiste, un pari audacieux qui prend Evloev à contre-pied.
L’Australien mêle ses tentatives de lutte à de bons coups, qui touchent le Russe. Une fois au sol, Volkanovski se retrouve en position dominante et déclenche un ground and pound précis et puissant. Evloev, pour la première fois de sa carrière, subit au sol sans trouver de solution. Les coups s’accumulent, la défense du Russe ne suffit plus, et l’arbitre intervient pour arrêter le combat. Victoire de Volkanovski par TKO au deuxième round.
Une performance historique
Cette victoire a une portée immense. Volkanovski n’a pas seulement battu Evloev, il l’a démonté là où il était censé être le plus fort. Défendre la lutte d’un tel spécialiste était déjà un exploit. Le battre au sol et le finir relève de la démonstration.
C’est aussi la première fois qu’Evloev est stoppé, et même la première fois qu’un de ses combats à l’UFC ne va pas à la décision. Volkanovski, lui, renoue avec la finition : sa dernière victoire avant la limite remontait à son TKO face à Yair Rodríguez, en juillet 2023.
Avec ce succès, l’Australien porte son palmarès à 29 victoires pour 4 défaites, dont 14 par KO ou TKO. Il signe la deuxième défense de son titre depuis sa reconquête et rejoint un peu plus le panthéon des plus grands poids plumes de l’histoire, aux côtés de José Aldo et Max Holloway, qu’il a d’ailleurs battus tous les deux.
L’immortel Volkanovski
Il y a deux ans, après le KO contre Topuria, la question n’était pas de savoir si Volkanovski allait prendre sa retraite, mais quand. Aujourd’hui, à 38 ans, il est toujours champion, et il vient de battre le prétendant que beaucoup considéraient comme son successeur désigné.
Sa longévité tient autant à son intelligence de combat qu’à son physique. Face à Evloev, il a montré une capacité d’adaptation rare : absorber le plan adverse, puis le retourner contre son auteur. C’est la marque des très grands.
Et maintenant ?
La question de la retraite, elle, ne se pose plus vraiment. Tant qu’il gagne de cette manière, Volkanovski n’a aucune raison de raccrocher. Les prétendants vont se bousculer, mais une certitude s’impose ce soir à Abou Dhabi : on n’a jamais eu raison d’enterrer Alexander Volkanovski.

