Le phénomène continue. Samedi 24 octobre 2026, à l’Etihad Arena d’Abou Dhabi, Abdul Rakhman Yakhyaev a stoppé le vétéran Nikita Krylov par TKO à 2:38 du premier round, sur un coup de genou suivi d’une série de coups de poing. À 25 ans, le poids mi-lourd signe sa quatrième finition au premier round en quatre combats à l’UFC et reste invaincu en carrière.
Le test du vétéran
Sur le papier, ce combat était le plus grand défi de la jeune carrière de Yakhyaev. Jusqu’ici, le prospect avait balayé tous ses adversaires à l’UFC. Mais en face se dressait cette fois Nikita Krylov, un vétéran ukrainien surnommé « The Miner », fort de plus de 40 combats professionnels.
Krylov n’est pas n’importe qui. Il compte 16 victoires par soumission et 13 par KO, et a battu des noms comme Alexander Gustafsson, Volkan Oezdemir et Ovince Saint Preux. Son expérience, sa polyvalence et son jeu de soumission en faisaient l’adversaire idéal pour mesurer le vrai niveau du jeune prodige.
La question était simple : Yakhyaev était-il prêt à franchir un palier ?
Le combat : un genou parfait
La réponse est arrivée en moins de trois minutes.
Le début de combat a pourtant montré que Krylov n’était pas venu faire de la figuration. Le vétéran a pris l’initiative en poussant Yakhyaev contre la cage. Il a même touché son jeune adversaire avec un bon coup de poing, et tenté un étranglement en D’Arce, sans parvenir à le conclure. Yakhyaev, lui, a repoussé une tentative d’amenée au sol.
Puis le prospect a renversé la situation. Inversant les positions, il a plaqué Krylov contre le grillage. Alors que l’Ukrainien tentait de se relever le long de la cage, Yakhyaev a frappé d’en haut : un coup de genou parfaitement placé, qui a trouvé le menton de Krylov. Le vétéran s’est effondré vers le tapis, et Yakhyaev a enchaîné avec des coups de poing sur un adversaire à quatre pattes. L’arbitre Jason Herzog est intervenu pour arrêter le combat à 2:38 du premier round.
Une ascension express
La trajectoire de Yakhyaev à l’UFC a quelque chose de vertigineux. Tout commence en août 2025 au Dana White’s Contender Series, où il décroche son contrat grâce à un KO en 30 secondes.
Ses débuts à l’UFC sont tout aussi expéditifs : il soumet Rafael Cerqueira en 33 secondes. Il enchaîne avec une soumission par étranglement arrière au premier round contre Brendson Ribeiro, puis met KO Julius Walker en huit secondes à Bakou. Quatre combats, quatre finitions au premier round, et un temps de combat cumulé qui dépasse à peine les quatre minutes.
Avec cette victoire, il porte son palmarès à 11 victoires et aucune défaite. Avant ce combat, neuf de ses dix victoires s’étaient déjà terminées avant la limite, dont cinq par soumission. Un profil complet, capable de finir aussi bien debout qu’au sol, et c’est précisément ce qu’il a montré face à Krylov.
Un symbole pour la Turquie
Au-delà du résultat sportif, cette victoire a une portée particulière. Selon FightBook, Yakhyaev devient le premier combattant turc à entrer dans le top 15 des poids mi-lourds de l’UFC. Une étape historique pour le MMA turc, qui tient avec lui un ambassadeur de premier plan.
Après le combat, le jeune homme a salué le travail accompli à l’entraînement, notamment pour être à l’aise dans toutes les positions. Il a aussi fait savoir qu’il souhaitait désormais affronter des adversaires plus prestigieux, sans citer de nom.
Krylov, la loi du temps
Pour Nikita Krylov, cette défaite marque peut-être un tournant. Le vétéran reste un combattant respecté, et son début de combat a prouvé qu’il gardait de beaux restes : une bonne frappe, de l’agressivité et une menace de soumission constante. Mais face à la jeunesse, l’explosivité et la précision de Yakhyaev, l’expérience n’a pas suffi.
Après plus de 40 combats professionnels, la question de la suite de sa carrière se posera sans doute. L’Ukrainien a toujours su rebondir, mais la nouvelle génération des poids mi-lourds frappe fort.
Et maintenant ?
Chez les poids mi-lourds, Yakhyaev fait désormais partie des noms qui comptent. À seulement 25 ans, invaincu et avec des finitions en série, il coche toutes les cases du futur prétendant. L’UFC devra lui trouver un adversaire classé pour confirmer ce statut, et vérifier s’il peut maintenir ce rythme face à l’élite.
Une chose est sûre : la catégorie a un nouveau prédateur.

