Avant de devenir le « God of War » de l’UFC, Benoît Saint-Denis n’était pas un combattant de MMA, mais un militaire des forces spéciales françaises. Ce passé, aussi impressionnant que rare dans le monde du MMA, soulève une question logique : pourquoi quitter une carrière aussi prestigieuse pour se lancer dans une toute nouvelle discipline, en repartant quasiment de zéro ?
Une vocation de guerrier depuis l’enfance
Né à Nîmes en 1995, Benoît Saint-Denis grandit dans une famille où le père est lui-même militaire, engagé au 2e régiment étranger d’infanterie. Bercé très tôt par cet univers, et nourri d’une passion de jeunesse pour les récits chevaleresques, le jeune homme aspire dès l’adolescence à mener ce qu’il décrit lui-même comme une « vie de guerrier ».
Cette vocation se concrétise à 18 ans à peine : muni d’un baccalauréat scientifique, il réussit les tests de recrutement des forces spéciales de l’armée de Terre et s’engage en mars 2014 au sein du 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Bayonne. Sur une soixantaine de candidats, seuls dix seront finalement retenus — un chiffre qui donne la mesure de l’exigence de cette sélection.
Cinq années au cœur de missions réelles
Après un an et demi de formation intensive, Benoît Saint-Denis participe à plusieurs missions de combat contre des groupes terroristes lors de la guerre du Sahel, au sein de la force Sabre, en 2016. Il y affronte notamment la branche touareg de Daech. Parmi ses missions figurent également la protection rapprochée de personnalités — dont celle du président François Hollande lors d’un déplacement en 2016 — ainsi que des opérations de libération d’otages et de capture de terroristes.
Ses faits d’armes lui valent d’être décoré de la médaille de reconnaissance de la nation en septembre 2017, puis de la croix du combattant quelques jours plus tard. À l’automne de la même année, il est même détaché temporairement auprès des forces spéciales australiennes. À seulement 23 ans, il a donc vécu la guerre de très près pendant cinq années, de 18 à 23 ans.
Un choix qui a surpris jusqu’à ses propres camarades
C’est dans ce contexte, alors qu’il semble promis à une belle carrière militaire, que Benoît Saint-Denis décide de tout quitter en mars 2019, à la fin de son contrat de cinq ans. Une décision suffisamment inattendue pour surprendre jusqu’à ses propres frères d’armes, lui qui reconnaît lui-même que même les gars sur place le trouvaient fou d’arrêter, alors qu’ils n’avaient été que dix retenus sur une soixantaine au départ.
Suivre sa passion plutôt que la voie toute tracée
Les raisons de ce choix tiennent à la fois à une aspiration personnelle et à un constat pragmatique sur la suite de sa carrière militaire. Poursuivre dans l’armée avec davantage de responsabilités aurait impliqué de se plonger dans une série de concours internes — une voie qui ne le faisait plus rêver autant que sa découverte grandissante des sports de combat.
Interrogé directement par l’UFC sur ce virage, Benoît Saint-Denis a résumé sa décision ainsi : après cinq ans au sein des forces spéciales, il a voulu partir en quête de sa propre aventure, lassé de devoir constamment suivre des ordres et désireux de devenir son propre patron. Il s’entraînait déjà au jiu-jitsu brésilien depuis 2017 et avait multiplié les séances de kick-boxing en 2018, au point de sentir que s’il ne tentait pas sa chance dans le MMA, il finirait par le regretter.
Une reconversion express et réussie
Le pari s’avère payant : dès l’année de son départ de l’armée, en 2019, il devient champion de France de jiu-jitsu brésilien. Il se fixe alors un objectif clair, celui de percer et d’intégrer l’UFC dans un délai de deux ans — un pari qu’il tient parfaitement puisqu’il rejoint effectivement la plus grande organisation de MMA au monde dès 2021.
Un guerrier qui n’a jamais vraiment changé de combat
Aujourd’hui installé parmi les meilleurs poids légers de l’UFC, Benoît Saint-Denis n’a pourtant jamais renié son passé militaire. Ses tatouages en témoignent directement : une croix des Templiers sur le cœur, Jeanne d’Arc dans le dos, un casque de samouraï sur le bras. Autant de symboles qui rappellent qu’il reste, dans l’âme, un guerrier — simplement dans une arène différente.
Il est d’ailleurs récemment revenu publiquement sur cette période de sa vie, rappelant que lorsqu’il avait choisi de devenir militaire, il savait s’engager pour une cause bien plus grande que lui-même : la France. Une valeur qu’il affirme porter encore aujourd’hui à chacun de ses combats dans l’octogone.
En résumé
Benoît Saint-Denis n’a pas quitté l’armée par lassitude du métier de militaire, ni à cause d’un quelconque incident, mais par choix personnel assumé : l’envie de suivre une passion naissante pour les sports de combat, couplée à un désir profond d’indépendance et d’autonomie, après cinq années passées à suivre des ordres au service d’une cause qui le dépassait.

