Ibra TV recadre Matthieu Letho Duclos après la pôlémique : « il s’est mal exprimé »

Ibra TV recadre Matthieu Letho Duclos après la pôlémique : « il s’est mal exprimé »

Après une entrée fracassante à l’UFC, Matthieu Letho Duclos se retrouve au cœur d’une polémique qui dépasse largement le cadre sportif. Vainqueur par KO au premier round face au Brésilien Luis Felipe Dias lors d’UFC Paris 5, le combattant français aurait dû savourer une victoire qui efface un échec subi dans la même arène quatre ans plus tôt. Mais ce sont ses mots, bien plus que ses poings, qui font désormais parler de lui  au point que son propre entourage, à commencer par le streamer Ibra TV, a jugé nécessaire de prendre la parole pour tempérer la portée de ses déclarations.

Des propos qui enflamment la Toile

Tout part d’une interview accordée à RMC Sport avant le combat, dans laquelle Duclos évoque son adversaire d’alors, Ilian Bouafia, combattant français d’origine algérienne : « Je n’ai pas vu un seul drapeau français de son côté, donc je ne l’ai pas considéré comme français pendant ce combat. » La phrase, perçue par beaucoup comme une remise en cause de la nationalité de son adversaire sur des critères identitaires, met immédiatement le feu aux poudres sur les réseaux sociaux.

Plutôt que de désamorcer la polémique, Duclos l’a nourrie après sa victoire. Micro en main, il martèle : « La France avant tout » et va jusqu’à affirmer qu’il « brûlerai[t] sans hésiter tous les pays du monde pour sauver la France ». Interpellé sur l’image politique que ces mots lui collent, il ne recule pas et s’en prend directement à ses détracteurs, leur lançant qu’ils n’ont « pas [leur] place en France » et qu’ils peuvent « aller [se] faire enculer ». Il referme son intervention par une formule censée se vouloir rassembleuse mais qui, elle aussi, fait tiquer : il dit aimer tous les Français « malgré vos défauts, malgré votre couleur ».

C’est précisément cette dernière phrase et le mot « malgré » accolé à la couleur de peau qui cristallise la polémique et vaut à Duclos des accusations de racisme.

Ibra TV monte au créneau, mais pas pour l’excuser sans réserve

Proche du combattant, le streamer et créateur de contenu Ibra TV prend alors la parole pour défendre son ami, sans pour autant balayer la maladresse de ses propos. Sa prise de position, largement relayée sur X (ex-Twitter), tient en une phrase devenue le résumé de l’affaire : « S’il était vraiment raciste, je ne serais pas son ami, étant moi-même un immigré. » Un argument d’autorité personnelle, destiné à couper court aux accusations les plus graves visant son entourage.

Mais Ibra TV ne s’arrête pas à la défense inconditionnelle. Il pointe très clairement ce qu’il considère comme le vrai problème : non pas le fond de la pensée de Duclos, mais sa forme. « Matthieu s’est juste mal exprimé quand il a utilisé le terme « malgré » », explique-t-il, reconnaissant implicitement que le choix des mots a desservi le message que son ami voulait faire passer. Le reproche est net : ce n’est pas tant ce que Duclos pense qui pose souci selon lui, mais la façon dont il l’a formulé une maladresse linguistique qui a transformé une déclaration d’amour du pays en une phrase à connotation raciste, aux oreilles d’une bonne partie du public.

Un incident révélateur de la porosité entre sport et débat public

Cette séquence illustre une tension récurrente autour des athlètes qui s’expriment sur des sujets identitaires : l’écart entre l’intention proclamée et l’effet produit par les mots choisis. Que Duclos ait voulu ou non tenir des propos discriminatoires, le choix du terme « malgré » associé à la couleur de peau a suffi à faire basculer un discours patriotique revendiqué en polémique nationale, reprise par plusieurs médias sportifs et généralistes.

La démarche d’Ibra TV, en creux, en dit long sur la difficulté de l’exercice : défendre un ami sans cautionner ses mots, séparer l’intention du résultat. En reconnaissant que Duclos « s’est mal exprimé », il admet implicitement que la maladresse d’expression peut, à elle seule, produire les effets d’un propos raciste, indépendamment des convictions réelles de celui qui parle.

À l’heure où les prises de parole des sportifs sont scrutées et immédiatement virales, l’épisode Duclos-Ibra TV rappelle une évidence trop souvent négligée dans le feu de l’instant médiatique : dans l’arène publique comme sur l’octogone, la manière de porter un coup compte parfois autant que le coup lui-même.